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Comment fonctionne une aide auditive ?

Dans cet article, nous allons entrer un peu plus finement dans l'analyse, en abordant les composants électroniques qui composent les 2 types d'appareils auditifs, dans le but de montrer que ces derniers sont fabriqués avec les mêmes composants et sont de qualité comparable. En effet, qu'elle soit faite sur mesure ou préréglée, derrière l'oreille ou intra-auriculaire, votre aide auditive intègre des composants similaires. Qu'est-ce que c'est ? Comment fonctionne un appareil auditif ? Décodons-le ensemble.

La composition d'un appareil auditif

Un appareil auditif est un système électroacoustique miniaturisé, comprenant au moins :

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  • Un microphone,
  • Un amplificateur,
  • Un écouteur ou un vibromasseur.

Le microphone

Il s'agit d'un transducteur électroacoustique, permettant de capter le signal acoustique et le transformer en un signal électrique. Selon leur conception, il existe des microphones :

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  • Omnidirectionnel  : efficacité identique dans toutes les directions de l'espace ;
  • Directionnel  : efficacité maximale pour une direction déterminée par la courbe polaire du microphone ;
  • Directionnel actif  : focalisez les sons à l'avant lorsque les sons arrière sont désavantagés. Ainsi, le bruit ambiant, omniprésent, est atténué, tandis que la voix de l'interlocuteur, qui est généralement opposé, est mieux captée. Ce type de microphone est logique dans le cas d'une aide auditive contour d'oreille, comme nous l'avons déjà mentionné. En effet, le microphone de l'appareil étant alors situé derrière le pavillon de l'oreille, il capte naturellement mieux les sons situés derrière l'utilisateur, au détriment des sons qui arrivent devant (l'interlocuteur, lors d'une conversation). Le micro directionnel actif a un coût de cours. Il a été développé pour les appareils auditifs contour d'oreille. En effet, dans le cas d'une aide auditive intra-auriculaire, le microphone directionnel actif est d'une performance inégalée et d'un rapport qualité/prix sans concurrence possible : c'est le pavillon de l'oreille !

« Toutes les aides auditives actuelles, quelle que soit leur marque, sont équipées du même type de microphone : des microphones miniatures à électret, initialement développés pour l'espionnage américain  ; ils sont, en quelque sorte, un spin-off civil de la recherche militaire. Toutes les aides auditives sont équipées de ce même microphone qui, placé à 1 ou 2 mètres de la personne qui ne parle pas, a une bonne efficacité malgré sa petite taille. Ces microphones, souvent équipés de 2 entrées décalées dans l'espace, permettent de créer un effet directionnel. Dans ce cas, les sons de basse sont encore plus filtrés (c'est-à-dire diminués) tandis que l'effet directionnel est sensible et observé sur une certaine plage de fréquences. Nous avons vu, avec Phonak, le double microphone qui permet d'obtenir l'effet directionnel électroniquement (en soustrayant partiellement le signal du microphone arrière du signal du microphone avant). Des problèmes peuvent survenir si les 2 microphones, identiques au départ, vieillissent différemment »

La bobine d'induction

Le microphone peut être remplacé par l'utilisateur par une bobine magnétique, qui capte directement diverses sources sonores connectées à une boucle magnétique (télévision, théâtre, cinémas, églises, salles de classe).

L'écouteur

Il s'agit d'un transducteur électromagnétique qui transforme le signal électrique, modifié par l'amplificateur, en un signal acoustique.

« Encore une fois, il n'existe qu'un seul type d'oreillette, quelle que soit la prothèse ou la marque. L'oreillette de la prothèse est très petite et présente de fortes distorsions, notamment dans les graves (de sorte que toute tentative de transposition des aigus aux graves est très certainement vouée à l'échec dans un courant derrière l'oreille). Certains les utilisateurs trouvent un meilleur confort en retirant leur appareil et en écoutant directement le casque du kit mains libres de leur mobile ou le casque infrarouge de leur téléviseur. C'est l'un des points faibles de l'aide auditive, un écouteur « walkman » grand public offre un bien meilleur rendu sur toutes les fréquences (bien sûr, la taille n'est pas la même) »

Le vibrateur

Il s'agit d'un transducteur électromécanique, de conception proche de celle de l'écouteur, qui permet de transformer le signal électrique en vibration mécanique. Il est appliqué sur la mastoïde.

L'amplificateur (analogique) ou le microprocesseur (numérique)

L'amplificateur ou le microprocesseur transforme le signal délivré par le microphone et l'adapte, en intensité et en fréquence, en fonction de la perte auditive à corriger.

« L'amplificateur est au cœur de nos boucles d'oreilles. C'est sur lui que se sont concentrés les progrès de ces dernières années. Dans un souci de clarté, nous allons faire la distinction entre le préampli et l'ampli de puissance (même si les 2 sont étroitement mélangés). Dans les années 70 et 80, seuls les trimmers analogiques existaient, c'est-à-dire de petites vis qui permettaient certains ajustements, typiquement le gain global, le réglage des aigus, des médiums et des graves ainsi que le réglage de la compression. Ces trimmers sont, en fait, des résistances réglables qui vous permettent de régler le gain de certains filtres d'amplis, en effectuant ainsi les réglages souhaités. Pour caractériser un dispositif, il est habituel de représenter sa réponse de gain (dB) en fonction de la fréquence. Il s'agit d'une caractérisation du dispositif qui peut être pratiquée par l'audioprothésiste, à l'aide d'un dispositif appelé chaîne de mesure ; cela permet d'apprécier les différences entre les générations de dispositifs. On peut regretter que les appareils modernes apprécient peu les aigus, ce qui permet de distinguer les consonnes. Il ne faut jamais oublier que l'appareil numérique d'aujourd'hui ne diffère de son cousin analogique que dans le préampli ; à la place, nous trouvons un convertisseur A/N (analogique/numérique), un processeur et un convertisseur N/A. Dans un appareil numérique, il y a toujours un micro, un ampli analogique et un écouteur, ses performances essentielles sont si proches d'un appareil analogique. Vous avez vu des jeunes avec leurs compilations MP3 sur ordinateur, ils ont besoin d'un bon vieux amplificateur Hi-Fi pour écouter de la musique sur des enceintes. Cependant, alors que sur un système Hi-Fi, nous imposons que les pics et les creux se situent dans une plage de plus ou moins 0,5 dB, nous atteignons souvent plus ou moins 6 dB sur nos aides auditives. Il s'agit d'une faille qui doit encore être corrigée. »

Le potentiomètre

Cadran pour régler manuellement le volume de gain de l'aide auditive. De nombreux appareils numériques n'en ont pas.

L'interrupteur

Il s'agit d'un appareil manuel qui permet d'allumer ou d'éteindre l'aide auditive. Sur les écouteurs intra-auriculaires, le potentiomètre et l'interrupteur, lorsqu'ils existent, sont souvent combinés.

Les conseils

Éléments en silicone qui glissent dans le conduit auditif et visent à maintenir l'aide auditive dans l'oreille.

Le trou d'aération

Il s'agit d'un canal percé à travers l'embout de l'oreille, ayant les effets suivants :

  • Pour aérer le conduit auditif,
  • Pour transmettre des sons,
  • Pour limiter la résonance (autophonation),
  • Diminuez les basses fréquences.

Qu'est-ce qui est vraiment « sur mesure » dans un appareil auditif ?

Prothèse auditive BTE

Il représente 80% des ventes actuelles d'appareils auditifs, quel que soit le degré de perte auditive de l'individu et sa préférence pour l'invisible. Cependant, comme nous l'avons mentionné précédemment, le contour d'oreille est une nécessité absolue pour les handicaps profonds (4 % à 6 % de la population malentendante), mais en aucun cas pour les pertes auditives légères à modérer (plus de 80 % de la perte auditive actuelle).

Le contour d'oreille de l'aide auditive est standard, ce qui signifie que :

  • C'est pareil pour tout le monde,
  • Il en va de même pour les deux oreilles.

Cette standardisation, ainsi que son important volume de ventes, permet aux fabricants de réduire le coût unitaire de production et à la fois à ces derniers et aux revendeurs de mieux naviguer en termes de marge commerciale. Ainsi, mis à part les cas de handicaps auditifs graves, pour lesquels l'utilisateur n'a pas le choix et devra porter un contour d'oreille, le choix arbitré par l'acousticien auditif de s'adapter à tout autre type de surdité (et particulièrement d'inconfort simple) ne concerne que des considérations économiques et non pas le bien-être le patient.

Dans le cas de conduits auditifs particulièrement grands, seul l'embout buccal est fabriqué sur mesure. En prenant une empreinte du conduit auditif, l'audioprothésiste réalisera un embout buccal qui glissera dans les sondes et permettra l'occlusion de celles-ci.

  1. Pour les appareils auditifs vendus par un audiologiste, l'appareil est ajusté à la courbe audiométrique du patient. Le nombre de canaux de fréquence laissés à la disposition de l'audioprothésiste car cet ajustement est variable. En effet, le processeur - comme tous les appareils auditifs - est limité par les fabricants, ce qui réduit le nombre de canaux de fréquence dans l'aide auditive ainsi que les canaux de fréquence pouvant être ajustés par le professionnel de l'aide auditive. Quel est l'objectif ? Permettre aux audiologistes de proposer un appareil similaire, à des prix différents : 4 canaux de fréquence, 6 canaux, 9 canaux, 12 canaux, etc. Plus une aide auditive possède de canaux de fréquence, plus elle est chère et plus le risque d'erreur de l'auditicien est grand (et donc l'expérience utilisateur) mauvais, en termes de qualité/prix).
  2. Dans le cas des appareils auditifs préréglés, le réglage est effectué, en amont, sur les courbes presbyacoustiques typiques et sur 12 canaux de fréquence (pour les bons appareils auditifs, qui ont la norme CE).

Prothèse auditive intra-auriculaire

C'est l'aide auditive préférée des utilisateurs, à la fois en termes d'esthétique et de sensation, car le positionnement intra-canal de l'aide auditive lui permet d'utiliser l'oreille humaine. Toutefois, il ne représente qu'une minorité des ventes courantes, pour des raisons de rentabilité économique.

L'appareil intra-auriculaire vendu chez un audioprothésiste :

  • Doit être adapté au conduit auditif du patient : coût, main d'œuvre, risque d'erreur, impossibilité de changer l'appareil après les 30 jours d'essai gratuit : le revendeur préfère donc le contour de l'oreille ;
  • Le moulage de l'aide auditive sur le conduit peut entraîner des problèmes d'articulation temporo-mandibulaire qui nécessitent de refaire l'appareil ou... de fraiser le conduit !
  • L'oreille droite et l'oreille gauche sont distinctes.

Ce réglage s'inscrit toutefois dans un premier temps dans le savoir-faire d'un audioprothésiste. Pour pallier ces problèmes de rentabilité et satisfaire certains utilisateurs, Siemens a adopté l'idée utilisée par les aides auditives intra-auriculaires préréglées : les embouts en silicone, de différentes tailles, permettent une adaptation de l'appareil au conduit auditif, sans adaptation.

En ce qui concerne le réglage, ils sont similaires au contour d'oreille, tant sur mesure que pour le préréglage :

  • Effectué sur la courbe audiométrique du patient, pour les appareils vendus chez un audioprothésiste,
  • Préréglé en amont, sur des courbes presbyacoustiques typiques, pour les appareils en vente libre avec la norme CE.

En conclusion

Les appareils auditifs actuels, qu'ils soient fabriqués sur mesure ou préréglés, derrière l'oreille ou intra-auriculaires, intègrent les mêmes composants électroniques.

Chez un audioprothésiste, les malentendants se verront accorder la priorité à un contour d'oreille, qui ne nécessite aucun ajustement morphologique (sauf dans le cas de conduits auditifs très grands ou atypiques). La prise d'empreinte du conduit auditif faisait initialement partie du savoir-faire d'un audiologiste, mais le souci de rentabilité économique a conduit au développement de solutions alternatives :

  • Prépondérance des ventes de produits contour d'oreille (80 %) des ventes en cours),
  • Développement d'un appareil intra-auriculaire à adaptation immédiate (jeu d'embouts en silicone).

Ainsi, le sur-mesure ne se concentrera que sur le réglage même de l'appareil, ajusté à la courbe audiométrique du patient. Pour un processeur similaire et restreint, les prix passeront de 900€ à plus de 1 500€ sans modifier les caractéristiques techniques de l'aide auditive. En même temps, aucun audioprothésiste ne communique sur le nombre de canaux de fréquence qu'il peut régler, en déclarant simplement que « plus il y a de canaux de fréquences, mieux l'utilisateur se sentira »

Les offres prédéfinies, exclusivement destinées aux personnes atteintes de presbyacus, intègrent des composants similaires à ceux des plus grandes marques sur mesure.