Un agent de la fonction publique territoriale affilié à la CNRACL doit adresser sa demande de mise à la retraite à son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception, au minimum six mois avant la date de départ souhaitée. Le courrier mentionne la date effective de cessation de fonctions et, le cas échéant, la demande de liquidation de la retraite additionnelle RAFP.
Mentions obligatoires dans une lettre de départ à la retraite CNRACL
Le courrier ne se limite pas à exprimer une volonté de départ. Plusieurs éléments conditionnent la recevabilité du dossier par l’employeur, puis par la caisse de retraite.
A lire également : Comment bien préparer sa retraite : les astuces indispensables pour un départ serein
La lettre doit comporter l’identité complète de l’agent, son grade, son affectation et son numéro d’immatriculation CNRACL. L’objet précise sans ambiguïté qu’il s’agit d’une demande de retraite personnelle.
Le corps du courrier indique la date à laquelle l’agent souhaite cesser ses fonctions. Cette date doit respecter l’âge légal d’ouverture des droits, sauf situation de départ anticipé (carrière longue, invalidité, parent d’un enfant en situation de handicap).
A lire également : Retraite texte départ pour fonction publique : adapter son message au service
Un paragraphe distinct demande la liquidation de la prestation RAFP. La retraite additionnelle ne peut être versée qu’à compter du moment où le fonctionnaire a liquidé toutes ses retraites de base et atteint l’âge légal. Oublier cette mention retarde le versement de plusieurs mois.
Modèle de lettre pour retraite fonction publique territoriale
Voici un exemple de courrier adapté à un agent territorial souhaitant faire valoir ses droits à pension CNRACL et RAFP.
NOM Prénom
Adresse complète
Adresse mail
Numéro de téléphone
À l’attention de Madame/Monsieur le Maire (ou Président)
Coordonnées de la collectivité
À [lieu], le [date]
Objet : demande de départ à la retraite – lettre recommandée avec accusé de réception
Madame/Monsieur le Maire (ou Président),
Je soussigné(e) [NOM Prénom], [grade], affecté(e) au service [nom du service], immatriculé(e) sous le numéro CNRACL [numéro], vous informe de mon souhait de cesser mes fonctions pour faire valoir mes droits à pension CNRACL à compter du [date de départ effective].
Je souhaite également que ma retraite additionnelle RAFP soit liquidée à compter du [date, au plus tôt à la même date d’effet que la mise à la retraite si l’âge légal est atteint, ou au premier jour du mois suivant l’atteinte de l’âge légal en cas de départ anticipé].
Je vous remercie de bien vouloir m’indiquer la liste des pièces justificatives à fournir pour la constitution de mon dossier.
Veuillez agréer, Madame/Monsieur le Maire (ou Président), l’assurance de mes salutations distinguées.
[Signature]

Retraite pour invalidité d’un fonctionnaire territorial : courrier et procédure spécifique
La mise à la retraite pour invalidité suit un circuit différent. L’agent n’a pas toujours l’initiative de la demande : c’est souvent l’employeur qui engage la procédure après avis du comité médical ou de la commission de réforme.
Lorsque l’agent prend lui-même l’initiative, le courrier doit mentionner explicitement que la demande porte sur une pension d’invalidité CNRACL, en précisant si l’invalidité est imputable ou non au service. Cette distinction modifie le calcul de la pension et les conditions d’attribution.
Différence avec la procédure des fonctionnaires d’État
Les fonctionnaires d’État doivent obtenir un avis conforme du ministre du Budget pour toute mise à la retraite pour invalidité liée au service, conformément au décret 2011-421. Les territoriaux CNRACL ne sont pas soumis à cette contrainte, ce qui simplifie et accélère le traitement de leur dossier.
Les syndicats signalent toutefois des retards récurrents dépassant six mois pour les agents en disponibilité d’office pour raisons de santé. Ces délais s’expliquent par des transmissions défaillantes entre la CPAM et les administrations employeuses. Anticiper en fournissant l’ensemble des pièces médicales dès l’envoi de la lettre réduit ce risque.
Agents spéciaux CNRACL et régime IEG : adapter la lettre à un cumul de régimes
Les policiers municipaux et les sapeurs-pompiers professionnels relèvent de la CNRACL au titre de leur emploi territorial. Certains d’entre eux ont exercé, avant leur intégration dans la fonction publique, une activité relevant du régime des industries électriques et gazières (IEG), ou y ont cotisé au titre d’un emploi secondaire.
Les modèles standards de lettre de départ à la retraite ne prévoient pas cette situation hybride. Le courrier adressé à l’employeur territorial doit pourtant signaler l’existence de droits acquis auprès d’un autre régime, afin que la collectivité transmette un dossier complet à la CNRACL.
La lettre intègre alors un paragraphe supplémentaire :
- Mention du ou des régimes complémentaires concernés (IEG, IRCANTEC, ou autre), avec les périodes d’affiliation correspondantes
- Demande explicite de coordination inter-régimes pour la liquidation simultanée des droits
- Indication du numéro d’affiliation auprès de chaque caisse, si l’agent en dispose
Sans cette mention, la collectivité traite le dossier comme un départ classique CNRACL, et l’agent découvre après coup que ses droits IEG n’ont pas été liquidés en parallèle. Le décalage peut atteindre plusieurs mois.
Cas particulier du départ anticipé pour catégorie active
Les policiers municipaux et sapeurs-pompiers professionnels bénéficient d’un classement en catégorie active, ouvrant droit à un départ avant l’âge légal sous condition de durée de services. La lettre doit mentionner ce classement et la durée de services effectifs en catégorie active.
Ce point est distinct de la demande RAFP : l’agent peut partir avant l’âge légal au titre de la catégorie active, mais la RAFP ne sera versée qu’à compter de l’atteinte de cet âge légal. Le courrier doit donc prévoir deux dates d’effet différentes.

Pièces justificatives à joindre et délai d’envoi de la demande de retraite
La lettre seule ne suffit pas. L’employeur a besoin de pièces complémentaires pour constituer le dossier CNRACL.
- Copie de la pièce d’identité en cours de validité
- Relevé de carrière CNRACL (disponible sur l’espace personnel de la caisse)
- Relevés de trimestres des autres régimes (régime général, IEG, MSA) pour les agents polypensionnés
- Livret de famille ou actes de naissance des enfants, si bonification pour enfants demandée
- Certificats médicaux, en cas de demande pour invalidité
Le délai de six mois avant la date de départ est un minimum. Pour les agents cumulant plusieurs régimes ou sollicitant un départ pour invalidité, envoyer la lettre neuf mois à un an avant la date souhaitée laisse une marge suffisante face aux aléas administratifs.
L’envoi se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. Conserver une copie du courrier et l’accusé de réception permet de prouver la date de la demande en cas de litige sur le délai de traitement.

