La loi de finances 2026, promulguée le 19 février 2026, modifie en profondeur le traitement fiscal des pensions. Le maintien de l’abattement de 10 % sur les retraites, annoncé après le retrait de l’article 6 du PLF, masque des ajustements techniques qui changent la donne pour de nombreux foyers. Nous passons en revue les points de vigilance concrets à vérifier avant la prochaine déclaration.
Abattement retraite et déconjugalisation : l’effet sur les foyers d’une seule pension
L’article 6 du PLF 2026 prévoyait de remplacer l’abattement proportionnel de 10 % par un abattement forfaitaire de 2 000 euros par personne. Cette mesure a finalement été supprimée du texte adopté. L’abattement de 10 % sur les pensions est donc conservé.
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La logique de déconjugalisation reste à surveiller pour les exercices suivants. Un couple marié ou pacsé aurait vu son plafond global passer à 4 000 euros (deux fois 2 000 euros), contre un plafond ancien légèrement supérieur pour le foyer. La perte aurait été modérée pour un couple, mais significative pour un retraité seul, veuf ou divorcé, dont le plafond individuel aurait chuté de plusieurs milliers d’euros.
Si la mesure revient dans un futur collectif budgétaire ou dans le PLF 2027, les retraités vivant seuls avec une pension moyenne seront les premiers perdants. Nous recommandons de simuler dès maintenant l’impact d’un forfait de 2 000 euros sur votre avis d’imposition actuel pour anticiper un éventuel changement de TMI.
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Abattement spécial plus de 65 ans : vérifier son maintien dans l’avis d’imposition

L’abattement spécial accordé aux contribuables de plus de 65 ans (ou invalides) sous condition de revenu net global est un poste souvent oublié lors de la vérification de la déclaration préremplie. Le PLF 2026 initial envisageait sa suppression pour les contribuables non invalides. Le texte final n’a pas retenu cette suppression, mais le sujet reste ouvert.
Concrètement, l’abattement plus de 65 ans se cumule avec l’abattement de 10 % sur les pensions. Il fonctionne par palier de revenu net global et peut représenter un gain fiscal non négligeable pour les retraités modestes. Vérifiez que la case correspondante est bien cochée sur votre déclaration préremplie : l’administration ne corrige pas automatiquement une omission sur ce point.
Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) et retraités aisés
La CDHR, instaurée par la loi de finances 2025, est reconduite et pérennisée par la loi de finances 2026. Elle vise à garantir un taux d’imposition minimal pour les contribuables disposant de revenus très élevés. Cette contribution ne concerne qu’une fraction des retraités, mais elle peut surprendre ceux dont les revenus exceptionnels (plus-values, rachats d’assurance-vie, liquidation de PER) franchissent le seuil au cours d’une année donnée.
Le piège classique : un rachat massif sur un contrat d’assurance-vie ou la liquidation en capital d’un PER l’année de départ en retraite propulse le revenu fiscal de référence au-delà du seuil de la CDHR. Ce pic ponctuel peut déclencher une contribution additionnelle sur l’ensemble des revenus du foyer.
Les solutions d’étalement ou de fractionnement des rachats sur plusieurs exercices doivent être étudiées en amont. Un départ en retraite prévu en 2026 impose de caler la stratégie de dénouement du PER et des contrats d’assurance-vie avant la fin de l’année civile.
Check-list fiscale retraité 2026 : les postes à passer en revue
Voici les vérifications prioritaires à effectuer avant de valider votre déclaration de revenus 2025 (campagne 2026) :
- Contrôler que l’abattement de 10 % sur les pensions est bien appliqué sur la déclaration préremplie, et que le montant correspond au cumul de toutes les pensions (retraite de base, complémentaire, réversion).
- Vérifier l’application de l’abattement spécial plus de 65 ans si vous remplissez les conditions d’âge et de revenu net global. Une case non cochée suffit à perdre le bénéfice de la déduction.
- Recalculer votre TMI après revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu indexé sur l’inflation (0,9 % pour 2026). Un changement de tranche, même marginal, modifie l’intérêt d’un versement PER ou d’un rachat partiel.
- Simuler l’impact de la CSG sur vos revenus de remplacement. Le taux de CSG applicable dépend du revenu fiscal de référence N-2 : un pic de revenus en 2024 peut entraîner un basculement vers un taux plein en 2026.
- Évaluer le cumul emploi-retraite : les revenus d’activité s’ajoutent aux pensions pour le calcul de l’IR et du revenu fiscal de référence, ce qui peut déclencher la CDHR ou modifier le taux de CSG.

PER, LMNP et donation : trois arbitrages à boucler avant le 31 décembre
Le versement sur un PER individuel reste déductible du revenu global dans la limite des plafonds. Pour un retraité dont le TMI est élevé l’année de cessation d’activité, un versement PER calibré peut neutraliser le pic fiscal lié à la liquidation d’indemnités ou de droits différés. Le gain se mesure en comparant le TMI actuel au TMI projeté lors du dénouement.
Le régime LMNP (loueur meublé non professionnel) au réel reste accessible, mais le traitement des amortissements a fait l’objet de discussions dans le cadre du PLF 2026. Vérifiez que votre expert-comptable intègre bien les dernières positions de l’administration sur la réintégration des amortissements en cas de cession du bien.
En matière de donation, les abattements en ligne directe n’ont pas été modifiés par la loi de finances 2026. Un retraité souhaitant transmettre de son vivant a intérêt à utiliser les abattements avant un éventuel durcissement. Le délai de rappel fiscal des donations antérieures (quinze ans) impose de planifier chaque opération en fonction de la date du dernier don.
La stabilité fiscale apparente de 2026 ne doit pas faire oublier que plusieurs mesures retirées du texte final (forfaitisation de l’abattement retraite, suppression de l’abattement plus de 65 ans) restent dans les cartons de Bercy. Anticiper ces scénarios dans sa planification patrimoniale permet d’éviter un ajustement précipité si le PLF 2027 les réintroduit.

