Dans la France de décembre 2021, une ligne se dessine à 2 000 euros nets. D’un côté, ceux qui la franchissent. De l’autre, une foule de 38 millions de personnes concernées par une promesse : 100 euros d’indemnité pour compenser la flambée des prix, annoncée par le Premier ministre Jean Castex. Les premiers versements commencent ce lundi 13 décembre, et chaque euro compte.
Les versements de « l’indemnité d’inflation » de 100 euros, promise par le Premier ministre Jean Castex le 21 octobre, débutent lundi 13 décembre. Tous les Français qui gagnent moins de 2 000 euros nets imposables y ont droit.
Qui a droit à cette prime ?
Le principe est simple : si vos revenus nets, avant prélèvement à la source, ne dépassent pas 2 000 euros, ce chèque arrive directement dans votre poche, sans distinction de statut. Bien sûr, la mesure n’a pas fait l’unanimité sur les bancs de l’Assemblée, mais l’annonce s’est vite propagée : étudiants, retraités, salariés, indépendants… Beaucoup se sont sentis concernés. Selon le gouvernement, 38 millions de Français entrent dans les critères.
Pour les salariés, la référence sera le salaire reçu en octobre 2021. Les primes exceptionnelles, comme le 13e mois, ne sont pas prises en compte dans le calcul. Les indépendants, eux, verront leur moyenne mensuelle de revenus 2020 scrutée à la loupe, aides d’État comprises. Si la barre des 2 000 euros n’est pas franchie, l’Urssaf versera les 100 euros courant décembre.
La règle s’applique à chacun individuellement : dans un couple où chacun gagne moins de 2 000 euros nets, la prime sera versée deux fois. Le dispositif inclut aussi les retraités, les bénéficiaires du RSA, les demandeurs d’emploi, les chômeurs et les étudiants. Pour les retraités, certains points restent en suspens, notamment sur l’intégration des pensions complémentaires dans le calcul. Pour les étudiants, seuls les boursiers et ceux qui s’assument financièrement, sans appui parental, sont concernés.
Un paiement automatique mais réparti sur trois mois
Rien à faire pour toucher l’indemnité : le versement s’effectue automatiquement. Le canal dépend du statut :
- Les salariés reçoivent la prime via leur employeur.
- Les indépendants seront payés par l’URSSAF.
- En agriculture, la mutualité sociale agricole prend le relais.
- Les Crous se chargent des étudiants éligibles.
- Les retraités la recevront par l’intermédiaire des caisses de retraite.
- Pole Emploi s’occupe des chômeurs.
Le calendrier s’étire jusqu’en février. Décembre verra arriver les paiements pour les travailleurs et les étudiants. Les fonctionnaires et les personnes touchant des prestations sociales devront patienter jusqu’en janvier. Quant aux retraités, la prime arrivera en février. Dans chaque foyer, le chèque sera accueilli différemment : pour certains, il couvrira le plein d’essence ou une partie des courses. Pour d’autres, il s’agira d’un simple coup de pouce face à l’inflation, sans changer fondamentalement le quotidien. Mais dans tous les cas, ce geste étatique laisse une trace : celle d’une France rattrapée par la hausse des prix, où chaque aide, même modeste, résonne comme un signal.

